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Bogdan KORCZOWSKI

Peintures "Fruitée" & Installation "Cartonthèque"

Janvier - Février 2010

Centre d’Arts Plastiques Albert Chanot

33, rue Brissard 92140 CLAMART-(PARIS)

   

Du 9 janvier au 7 février 2010, le Centre d'Arts Plastiques Albert Chanot accueille des œuvres de Bogdan Korczowski. Artiste polonais vivant et travaillant en France, cette exposition présente un travail échelonné sur une dizaine d’années, réalisé sur des cartons d’emballage dont les dos conservent encore leurs inscriptions d’origine. Alignant en rangs serrés des actes de peinture souvent quotidiens, ces cartons n’ont en commun que l’égalité de leur format et la matière de leur support. Superposant des matières somptueusement illuminées et des coulures saignantes, l’accumulation et la surcharge obsessionnelle de ces œuvres interrogent la question de la mémoire et de l’espace. Entre couleurs fortes et véhémence du trait, l’œuvre de Bogdan Korczowski exprime une lutte des matières, des écritures et des formes, à l’abstraction flamboyante.


Korczowski "Fruitée" Textes par Bernard Point:

Après une série végétale, abordons les moissons afin d'y récolter fleurs et fruits. C'est ainsi qu'il faut découvrir cette nouvelle série de peintures toujours aussi flamboyantes, mais " fruitées " cette fois, comme le titre très justement Bogdan Korczowski.

Un ensemble de huit toiles carrées fait dialoguer huit fleurs éclatées au cœur du format. Il importe de les regarder comme des rosaces gothiques d'un transept de cathédrale, qui souvent font rayonner leurs structures au centre d'un carré, afin de le faire tourner sur lui même. Bogdan, en accumulant les matières, en les recouvrant d'une chair de peinture, en les faisant glisser à l'huile les unes sur les autres, donne déjà à ces fleurs la sensualité de leur avenir " fruité " De lourds tracés sombres, à la manière des plombs des vitraux, cernent des couleurs en feu, afin de contenir une passion née de " l'héroïsme de prendre un pinceau " comme l'affirme l'artiste.

C'est ainsi qu'il contient ses pulsions pour privilégier le rayonnement exalté de ses fleurs aux pétales noyés sous une surabondance de peinture. Le cœur de la fleur peut alors de toiles en toiles quitter le centre géométrique pour se déplacer vers le haut, le bas, la droite ou la gauche, mais toujours, en dépit de velléités d'échappement, rester contenu (même douloureusement) à l'intérieur du support. Le peintre sait limiter sa fougue gestuelle aux limites qu'il s'est fixé. De même, lorsqu 'il évoque sur d'autres toiles des roses tourbillonnantes, s'il évite le cœur croisé, il multiplie des débris de courbes dans un cyclone baroque, mais sait dompter ce désordre, grâce à un éclaircissement de sa palette.

La structure en croix va se retrouver dans le diptyque constitué de toiles elles même carrées, dont la rencontre peut s'assimiler à la croisée de transept entre deux rosaces. L'artiste toujours aussi généreux ne se contente pas de ce chiffre…il nous en offre quatre !

C'est alors que nous pouvons quitter les carrés pour déguster de grands formats verticaux qui cette fois ont fait mûrir de voluptueuses formes ovales. Cette " sensualité végétale " comme le souligne l'artiste, met en évidence d'immenses fruits posés sur des fonds tumultueux qui cachent sous une sorte de peau, leurs émois intérieurs. Comme des mangues, à l'enveloppe austère, ces masses semblent destinées à être déchirées, afin de nous proposer de mordre une matière " fruitée " pour mieux nous enfoncer au cœur d'une chair sensuelle... Ces images synthétisent le propos permanent de l'artiste qui nous invite à pénétrer sa peinture, qui au delà de sa protection extérieure n'est que flamboyance.
Bernard Point

 

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