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Musée
Paul Delouvrier
12,
Clos de la Cathédrale
91000 EVRY
Face
à la Gare:
Evry-Courcouronnes
R.E.R- ligne D
http://www.museepauldelouvrier.com
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La
peinture de Bogdan Korczowski plonge le spectateur au centre de
la composition picturale, produisant sur lui une confusion des sens
proche du vertige. L'oeuvre de Korczowski provoque une distorsion
du regard, cherchant àinterroger la subjectivité de
la vision du spectateur.
Bogdan Korczowski ne peint pas des tableaux, il crée une
cosmogonie. Ses tableaux sont comme des planètes brulantes
ou froides, composés du sang, du feu, des cendres.De tous
émanent un mystère, une énigme que le peintre
essaye de déchiffrer pour ses contemporains. L'ensemble de
son oeuvre chante ce qui parait ètre possible, un hymne à
la vie décapitant l'hydre de la souffrance. Il travaille
à ses toiles comme s'il cultivait une terre stérile,
creusant dans sa mémoire pour en extraire l'essentiel. Commençant
par une gamme réduite de couleurs, il joue avec la transparences,
l'opacité -l' ardeur des couleurs- il secoue les degrés
de rassasiement et de cette facon réussit à remplir
ses tableaux d' une surprenante force vitale.
La peinture de Bogdan Korczowski est issue dun profond travail
sur la matière et la couleur. Anneaux qui semblent senlacer
et comme fusionner, avec cette sensation étrange dune
sorte de tourbillons incessants comme autant de signes dune
passion forte et contenue.
Exposition
de luvre de Bogdan Korczowski, bien connu des habitués
de notre musée, puisquil y a déjà participé
à plusieurs tables rondes et quil y présente
lune de ses toiles dans le cadre des expositions permanentes.
Bogdan
Korczowski nous offre ici une série de toiles inédites,
"
ORBIUM COELESTIUM", spécialement
conçues à partir de la conception architecturale de
la Cathédrale dEvry.
" ORBIUM
COELESTIUM", BOGDAN KORCZOWSKI EN CERCLE:
par Bernard Point
Suite à
une visite, il y a une dizaine d'années, dans l'atelier de
Bogdan Korczowski, j'écrivais : ..
" J'entre, sans conteste, dans la réalité sensuelle
de la peinture à l'huile, et je sais que j'en serais imprégné,
nourri. "
Très récemment ma dernière
" entrée en matière " m'alimente, avec toujours
autant de densité
pourtant l'huile a disparu !
La nouvelle technique mixte, inventée par Bogdan Korczowski,
enlace tout autant mon imaginaire. Un ensemble de toiles, voisines
par rapprochement de leurs formats, m'entraîne dans la complexité
d'un matériau pictural qui témoigne de la permanence
d'une démarche gestuelle.
Cette fois je ne retrouve plus " la sensualité végétale
" désignée antérieurement par l'artiste
lui-même, mais je me vois confronté à l'abstraction
tourmentée d'un univers qui n'oublie pourtant pas ses origines
charnelles. Les surfaces peintes des supports me donnent le plaisir
de pénétrer des peaux blessées, déchirées,
qui laissent éclater les éclaboussures de leurs combats
intérieurs.
Des cercles, de diamètre assez similaire, se posent au-dessus,
mais par leur incessant pivotement, m'entraînent dans de nombreux
tourbillons qui vont jusqu'à s'auto-effacer. En permanence
ils se combattent en se superposant, en s'interrompant aux limites
des châssis, et paradoxalement en donnant naissance à
certains, tout en enterrant d'autres. D'ailleurs, je patauge quelquefois
dans des boues terreuses, pour d'autres fois, m'asphyxier dans des
orages cycloniques. Une coloration fréquente en gris plus
ou moins foncée, peut aussi se réchauffer d'ocre jaune,
mais dans tous les cas, c'est toujours par contraste avec les mouvances
cerclées, froides ou brûlantes.
Un ensemble de toiles rouges me surprend par la neutralité
du support, coloré d'origine, qui porte encore une multiplicité
de cercles fous. En dépit de cette absence de fond pictural,
je m'interroge sur le fait de retrouver néanmoins, l'expressionnisme
de cette démarche. Je trouve réponse à cette
interrogation, en constatant que les cercles sont devenus baveux
et épais, et qu'ils écrasent la chair de leur matière
sur l'impassibilité d'une toile, teintée d'un rouge
étonnamment ardent.
Ainsi cette nouvelle orientation de l'art de Bogdan Korczowski,
tout en m'offrant le bonheur d'en découvrir la nouveauté,
me rattache à mes contemplations antérieures. Je peux
ainsi terminer cette réflexion en citant la conclusion d'un
texte déjà écrit en 2001 et qui devient révélateur
de la constante d'une démarche.
" La gestuelle
expressionniste de Bogdan Korczowski m'entraîne dans les tourbillons
d'une coulée de matière en fusion, tout en m'offrant
les plaisirs sensuels mais apaisés d'une délectation
chaleureuse
Et ce n'est pas le moindre paradoxe rencontré
dans l'uvre de Korczowski ! "
Savoir que ces uvres mouvantes de passion vont se trouver
accrochées dans les courbures d'un lieu marqué par
l'architecture tournante de Mario Botta, du cercle d'une cathédrale,
accentue ma foi en la richesse contemplative d'un art troublant
à méditer.
Bernard Point
juillet 2010