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Bogdan Korczowski

"ORBIUM COELESTIUM"

Exposition mars 2011

Musée Paul Delouvrier

91000 EVRY-(Paris)


 

Korczowski "Orbium Coelestium" 2009
Collection Musee

La peinture de Bogdan Korczowski plonge le spectateur au centre de la composition picturale, produisant sur lui une confusion des sens proche du vertige. L'oeuvre de Korczowski provoque une distorsion du regard, cherchant àinterroger la subjectivité de la vision du spectateur.
Bogdan Korczowski ne peint pas des tableaux, il crée une cosmogonie. Ses tableaux sont comme des planètes brulantes ou froides, composés du sang, du feu, des cendres.De tous émanent un mystère, une énigme que le peintre essaye de déchiffrer pour ses contemporains. L'ensemble de son oeuvre chante ce qui parait ètre possible, un hymne à la vie décapitant l'hydre de la souffrance. Il travaille à ses toiles comme s'il cultivait une terre stérile, creusant dans sa mémoire pour en extraire l'essentiel. Commençant par une gamme réduite de couleurs, il joue avec la transparences, l'opacité -l' ardeur des couleurs- il secoue les degrés de rassasiement et de cette facon réussit à remplir ses tableaux d' une surprenante force vitale.
La peinture de Bogdan Korczowski est issue d’un profond travail sur la matière et la couleur. Anneaux qui semblent s’enlacer et comme fusionner, avec cette sensation étrange d’une sorte de tourbillons incessants comme autant de signes d’une passion forte et contenue.

Exposition de l’œuvre de Bogdan Korczowski, bien connu des habitués de notre musée, puisqu’il y a déjà participé à plusieurs tables rondes et qu’il y présente l’une de ses toiles dans le cadre des expositions permanentes.

Bogdan Korczowski nous offre ici une série de toiles inédites, " ORBIUM COELESTIUM", spécialement conçues à partir de la conception architecturale de la Cathédrale d’Evry.

 


 

VIDEO de EXPOSITION


 


" ORBIUM COELESTIUM", BOGDAN KORCZOWSKI EN CERCLE:
par Bernard Point

Suite à une visite, il y a une dizaine d'années, dans l'atelier de Bogdan Korczowski, j'écrivais : ..
" J'entre, sans conteste, dans la réalité sensuelle de la peinture à l'huile, et je sais que j'en serais imprégné, nourri. "… Très récemment ma dernière " entrée en matière " m'alimente, avec toujours autant de densité…pourtant l'huile a disparu !
La nouvelle technique mixte, inventée par Bogdan Korczowski, enlace tout autant mon imaginaire. Un ensemble de toiles, voisines par rapprochement de leurs formats, m'entraîne dans la complexité d'un matériau pictural qui témoigne de la permanence d'une démarche gestuelle.
Cette fois je ne retrouve plus " la sensualité végétale " désignée antérieurement par l'artiste lui-même, mais je me vois confronté à l'abstraction tourmentée d'un univers qui n'oublie pourtant pas ses origines charnelles. Les surfaces peintes des supports me donnent le plaisir de pénétrer des peaux blessées, déchirées, qui laissent éclater les éclaboussures de leurs combats intérieurs.
Des cercles, de diamètre assez similaire, se posent au-dessus, mais par leur incessant pivotement, m'entraînent dans de nombreux tourbillons qui vont jusqu'à s'auto-effacer. En permanence ils se combattent en se superposant, en s'interrompant aux limites des châssis, et paradoxalement en donnant naissance à certains, tout en enterrant d'autres. D'ailleurs, je patauge quelquefois dans des boues terreuses, pour d'autres fois, m'asphyxier dans des orages cycloniques. Une coloration fréquente en gris plus ou moins foncée, peut aussi se réchauffer d'ocre jaune, mais dans tous les cas, c'est toujours par contraste avec les mouvances cerclées, froides ou brûlantes.
Un ensemble de toiles rouges me surprend par la neutralité du support, coloré d'origine, qui porte encore une multiplicité de cercles fous. En dépit de cette absence de fond pictural, je m'interroge sur le fait de retrouver néanmoins, l'expressionnisme de cette démarche. Je trouve réponse à cette interrogation, en constatant que les cercles sont devenus baveux et épais, et qu'ils écrasent la chair de leur matière sur l'impassibilité d'une toile, teintée d'un rouge étonnamment ardent.
Ainsi cette nouvelle orientation de l'art de Bogdan Korczowski, tout en m'offrant le bonheur d'en découvrir la nouveauté, me rattache à mes contemplations antérieures. Je peux ainsi terminer cette réflexion en citant la conclusion d'un texte déjà écrit en 2001 et qui devient révélateur de la constante d'une démarche. … " La gestuelle expressionniste de Bogdan Korczowski m'entraîne dans les tourbillons d'une coulée de matière en fusion, tout en m'offrant les plaisirs sensuels mais apaisés d'une délectation chaleureuse… Et ce n'est pas le moindre paradoxe rencontré dans l'œuvre de Korczowski ! "…
Savoir que ces œuvres mouvantes de passion vont se trouver accrochées dans les courbures d'un lieu marqué par l'architecture tournante de Mario Botta, du cercle d'une cathédrale, accentue ma foi en la richesse contemplative d'un art troublant …à méditer.

Bernard Point juillet 2010